Une larme monte. Non assez pleuré, ressaisis toi. As-t-elle pleuré ?
Elle s'allongea alors sur son lit se disant qu'elle allait oublier. Elle ferme les yeux.
Son visage apparaît encore, comme un spectre qu'elle ne peu plus saisir, un rêve peut-être...
Un cauchemar... un souvenir... Premier souvenir d'elle dans un reflet miroité au plafond d'un bar, son sourire. Encore une larme. Non plus de larmes, elle se relève, s'assoit sur le bord du lit et plonge dans l'inconscience. Elle voudrait pouvoir remonter le temps et défaire ce qu'elle n'a pas su faire, ne pas dire de mots blessant, lui prouver que c'était elle et pas une autre dont elle avait besoin...
Alors pourquoi ? Ce dit-elle... Avoir été abattue ainsi ? Abandonnée sur l'autoroute de l'amour comme ce chien qu'on aime tant mais qui un jour est laissé sur cette aire de repos... Qui serait assez cruel pour infliger ça à quelqu'un ? Non pas elle, elle n'est pas comme ça. Pourtant qu'as-t-elle fait ? Un soupir et elle regagne la rive de la réalité qui la tiraille et retrouve le bord de son lit, remplie de ce vide qu'elle lui à laissé quand elle se rendit compte que ses mains tremblaient encore...
Une cigarette, pour calmer ces tremblements.
Elle va dans le salon pour un briquet, jette un ½il à l'horloge. Elle n'arrive pas à savoir s'il est 6h15 et 3h30 peut importe, elle regagne sa chambre à tâtons dans le noir.
Seule sur son lit les questions qui la torturent reviennent. L'as-t-elle seulement aimée... Ces mots qui paraissaient aussi sincères, ces promesses... Où se sont-elles envolées si elle les a un jour ressenties comme elle ... Cette amour qui paraissait au dessus des autres, pur et inviolable, peut on l'oublier en si peu de temps... C'était « elles ensemble contre le monde entier » jusqu'à ce jour ou son c½ur fut assassiné sans la moindre compassion, sans la moindre pitié. Elle écrasa sa cigarette, jeta un ½il à cette lettre qui n'en était pas une et saisissant le crayon elle y ajouta un simple mot : Je t'aime. Elle déchira la feuille en pris une autre, et c'est avec un sourire souligné d'une larme qu'elle marqua : Adieu...

